Une image se décomposant.

The disappearance of my thought terrifies me. Beyond what I am, what will become of my works and the visual language that I have developed ? In a negative extrapolation, I imagine boxes "containing" my research idioms left raw, floating and without binders. I see these works getting old and falling into the misunderstanding of a setting that no longer belongs to me.

As a counterpoint to the torpor produced by this scenario, I weave a weft in the dark.  

 

My research depict, in looks and in memory a project linking a search of form and their relationship to the perceiving and collecting body. The story of this journey, the resonance of the objects emitted and their dissemination in physical, cognitive and psychic spaces lets guess by superposition the existence and the persistence of residual contours drawing in their turn new forms that I would like to capture. A kind of indefinite infinity but that sometimes in our plastic research we can surface or even stumble. In a quest for purity and silence to find what I could not seek, I struggle with the material, the words and my "artistic" posture. Expression that seems unfathomable to me and literally carries a desirability that frightens me.

In this path of symbolic survival, I play my life and bet on concrete elements that compose it to create plastic ambiguities. I let certain intuitions and feelings slide, I knead them with the aim of moving them away from their primitive asperities while being careful not to mortify them. By undressing the forms, I try to grasp and transcend the attractors as so many weak signals that bind us through various possible readings.

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I defy time. I make sensitive shapes and devices. Tracing threads and pursuing intimate obsessions, I approach, volume and movement simultaneously. The continuation of the curve acts as a vehicle towards these territories in which I undertake incessant research.

The fold was a kind of revelation, I found in this gesture an intimate resonance with the arrival of the question of depth in my works. Through its representation and the operations underlying its concrete realization, I was able to translate my research related to the line to the volume and the depth of field with the flat support. I repeated the process with a new (ordinary) shape: a circle. A shape that I could also achieve with accessible tools. The choice of these (rulers, compasses and software) and the repetition of the gesture - in what has become a daily practice - allow me to draw beyond the weight of my thoughts and body.

As for magnification, I used human measurements and intimate coefficients to magnify my forms and unfold them. Having intuition that I set up a sort of device, I compulsively documented my approach by filming (a lot) my research and the birth of these forms to keep track of my progress and their evolution. Like the reverse of the psyche between the real and the image, I watched and shared a vision of my body at work, with the screen as a border of these two representations. The video medium allowed me to share my trial and error and my wonders. It is about sharing the peculiarities and the strangeness linked to this new medium, the codes of which I did not master and which filmed beyond forms, the movement and the relationship I had with them. In short, I opened up a new territory to my practice by standing out part of the duty to document to play with the scopic material, the pixels and the poetry it offered. I have chosen to present my background, my achievements and research in the form of plates with captions at the same time. This arrangement happened on its own, guided by images and temporality. For the benefit of the narration of my progress - and as it can happen during a recollection - I chose to intervene on this chronology, to explode it, to stretch it or to provoke backtracking. The symbolism of the spiral and the reiterations impelling a certain rhythm.

I tie this intuitive and methodical daily research to projects whose I want to develop through collaborations on a larger time's scales. I no longer feel circumscribed to the sole conquest of a physical space, embodied by increasingly large canvases, I rather feel an attention paid — a commitment — to the preservation of a form of plastic sincerity. The poetic escape, the construction of a method and the stumbling block to reality lead me to a search for balance that interests me as much in its development, the experiences it arouses and the outcome it provokes.

For the past year, I have formally developed a research axis on the memory of the image, the perception of space and of experience. I am interested in prospective plastic attempts, linked to the conservation of this experience, by collecting and restoring memory ruins. I would like to hook this up to questions of harmonics of shapes. The search for a fundamental frequency emitted by perceptual forms questions me. Do we create a plastic vocabulary with an intimate signature, or do we perceive weak signals of universal forms — having its own vibration ?

La disparition de ma pensée me terrifie.

Par-delà ce que je suis, que vont devenir mes ouvrages et le langage plastique que j'ai développé ? Dans une extrapolation négative, j’imagine des cartons « contenants » d'idiomes de mes recherches laissés bruts, flottants et sans liants. Je vois ces ouvrages vieillir et tomber dans l’incompréhension d’un décor ne m’appartenant plus.

 

En contrepoint de la torpeur produite par ce scénario, je tisse une trame dans l’obscurité.

 

Mes recherches mettent en scène, en regards et en mémoire un projet liant une recherche de formes et son articulation avec le corps acteur et percepteur. Le récit de ce cheminement, la résonance des objets émis et leurs disséminations dans des espaces physiques, cognitifs et psychiques laisse deviner par superposition l’existence et la persistance de contours résiduels dessinant à leurs tours de nouvelles formes que je souhaiterais saisir. Une sorte d'infini indéfini mais que parfois dans nos recherches plastiques nous pouvons affleurer voire achopper. Dans une quête d'épure et de silence pour parvenir à trouver ce que je ne saurais chercher, je me débats avec la matière, les mots et ma posture "artistique". Expression qui me semble insondable et littéralement porteuse d'une désirabilité qui m'effraie.

 

Dans cette entreprise de survie symbolique, je joue ma vie dans le sens ou je mise sur des éléments concrets qui la compose pour créer des équivoques plastiques. Je laisse glisser certaines intuitions et sentiments, je les malaxe dans le dessein de les éloigner de leurs aspérités primitives en veillant à ne pas les mortifier. En déshabillant les formes, je cherche à saisir et transcender les attracteurs comme autant de signaux faibles qui nous lient au travers de diverses lectures possibles.

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Je défie le temps. Je fabrique des formes et des dispositifs sensibles. Remontant des fils et poursuivant des obsessions intimes, j’aborde, volume et mouvement de manière simultanée. La poursuite de la courbe fait office de véhicule vers ces territoires dans lesquels j'entreprends des recherches incessantes. 

 

Le pli a été une sorte de révélation, j'ai trouvé en ce geste une intime résonance avec l'arrivée de la question de la profondeur dans mes travaux. Par sa représentation et les opérations qui sous-tendent sa réalisation concrète, j’ai pu translater mes recherches liées à la ligne vers le volume et la profondeur de champs avec le support plan. J’ai réitéré le processus avec une nouvelle forme (ordinaire) : un cercle. Une forme que je pouvais également réaliser avec des outils accessibles. Le choix de ceux-ci (règles, compas et logiciels) et la répétition du geste — dans ce qui est devenu une pratique quotidienne — me permettent de dessiner en dépassant le poids de mes pensées et de mon corps.

 

Quant à l’agrandissement, j’ai utilisé des mesures humaines et des coefficients intimes pour agrandir mes formes et les déployer. Ayant l’intuition que je mettais un place  une sorte de dispositif, j’ai de façon compulsive, documenté ma démarche en filmant (beaucoup) mes recherches et la naissance de ces formes pour garder une trace de mon cheminement et de leur évolution. Comme l’envers de la psyché entre le réel et l’image, je regardais et partageais une vision de mon corps au travail, avec l’écran comme frontière de ces deux représentations. Le médium vidéo m'a permis de partager mes tâtonnements et mes émerveillements. Il s’agit de partager les particularités et l'étrangeté liées à ce nouveau support dont je ne maîtrisais pas les codes et qui filmait au delà des formes, le mouvement et la relation que j'entretenais avec elles. En somme j’ai ouvert à ma pratique un nouveau territoire en me détachant en partie du devoir de documenter pour jouer avec la matière scopique, les pixels et la poésie qu’elle offrait.

 

J'arrime cette recherche quotidienne intuitive et méthodique à des projets que je souhaite développer à plus grandes échelles de temps et de collaborations. Je ne me sens plus circonscrite à la seule conquête d'un espace physique, incarné par des toiles de plus en plus grandes, je ressens plutôt une attention portée pour ne pas dire un engagement à la préservation d’une forme de sincérité plastique.

 

L’évasion poétique, la construction d'une méthode et l'achoppement au réel me conduisent à une recherche d'équilibre qui m'intéresse autant
dans son développement, les expériences qu'elle suscite et l'aboutissement qu'elle provoque.

 

Je développe de façon formelle, un axe de recherche sur la mémoire de l’image, de la perception de l’espace et de l’expérience. Je m’intéresse aux tentatives plastiques prospectives, liées à la conservation de ce vécu, par la collecte et la restitution des ruines mnésiques. J’aimerais raccrocher cela à des questions d’harmoniques de formes. La recherche d'une fréquence fondamentale émise par les formes perceptives me questionne. Fabriquons nous un vocabulaire plastique avec une signature intime, ou percevons nous les signaux faibles de formes universelles — ayant une vibration propre ?